Cabinet de lecture : Annik Bianchini nous donne son avis

Journaliste, Annik Bianchini Depeint a enseigné au Centre culturel français de Rome. Elle collabore régulièrement à “Actualité en France”, la revue d’information du ministère des Affaires étrangères et européennes. Ses publications sont orientées, par priorité, sur les auteurs et les événements alliant connaissance et recherche, notamment dans le domaine des sciences humaines et de la psychanalyse.

Cabinet de lecture 2001

Introduction à Freud (Le refoulement de la vérité)
Christian Hoffmann, Hachette Littératures, 2001, 223 p; 8, 40 E.
Le but de ce livre est de faire une présentation didactique de l’œuvre de Freud, centrée sur le concept de refoulement. Christian Hoffmann passe en revue les grands thèmes freudiens (les diverses représentations de l’appareil psychique, l’Œdipe, la castration, le narcissisme…), en montrant comment ils s’articulent et de quelle façon se trament, pour chaque sujet, son histoire et son rapport au monde. Dans la première partie de l’ouvrage, l’auteur soutient que pour Freud, la vérité est synonyme du désir inconscient et fait l’objet du refoulement. Dans la deuxième partie, il tient le pari de formuler, au-delà de Freud, la conséquence éthique de sa méthode, où le désir et le travail d’interprétation sont comme l’endroit et l’envers d’une même pièce.

 

 

Être bien dans le mal
Anne Le Bihan, Éditions du Champ lacanien, “Coll. In progress”, 2001, 147 p., 19 E.
La question des affinités du bonheur et du mal vue dans la perspective du désir de la femme et de sa jouissance représente, à la fin du XXe siècle, un thème littéraire. Avec Freud, une nouvelle discursivité s’est instaurée dans le monde. Baudelaire, Huysmans et Bataille, réunis dans cet ouvrage, ont en commun de tenter de constituer leur expérience en savoir. Ils se font, chacun à leur manière, théoriciens de leur expérience subjective, de leur œuvre, et des arrangements de jouissance de leur époque. En référence à la psychanalyse, l’auteur, enseignante, membre de l’association des Forums du Champ lacanien, a voulu apporter un nouvel éclairage sur la tentative de ces écrivains de penser le “bonheur dans le mal” comme une nouveauté, comme une aporie et une question éthique, juste avant Freud.

 

De la Société comme Texte (Linéaments d’une Anthropologie dogmatique)
Pierre Legendre, Fayard, 2001, 258 p., 20 E.
Après l’Anthropologie physique ou biologique, puis sociale, est venu le temps d’une Anthropologie dogmatique. Ainsi l’accent est mis, dans ce livre, sur la reprise du terme Société. “De la société comme Texte” : par rapport aux sciences sociales, humaines et gestionnaires. L’auteur propose donc de clarifier l’idée de Société sous l’éclairage d’un autre concept-donateur de forme, le Texte, véritable allusion à l’“objet tissé” et que remet en honneur l’assemblage de signes réinventés par la civilisation de l’ordinateur, ce nouveau métier à tresser les lettres et les mots.

 

 

L’enfant donné pour mort
Danièle Brun, Eshel, “Coll. Remise en question”, 2001, 193 p., 19, 51 E.
Si perdre un enfant est la pire chose qui puisse arriver à une femme, aucun enfant ne grandit sans qu’à un moment ou à un autre, ses parents ne craignent pour sa vie. Et lorsque, pour cause de cancer ou pour tout autre motif important, la perte de l’enfant s’impose comme une échéance, comment parvenir à surmonter le bouleversement que crée la perspective de sa mort ? Dans ce livre, écrit à l’appui d’une expérience en cancérologie de l’enfant, l’auteur met en évidence les relations que les mères entretiennent avec leur enfant à travers le filtre de l’image qu’elles ont créée depuis l’annonce de la maladie, et le drame qui les mène à lever le voile quant à leur désir de détruire l’enfant qu’elles furent elles-mêmes dans le ventre de leur mère. Car “n’aurait-il pas mieux valu qu’elles ne naissent pas du ventre de leur mère à elles pour ne pas avoir à enfanter ni à connaître la peur infernale de perdre leur propre enfant ?”, demande Danièle Brun. La nouvelle édition de ce livre est aussi l’occasion, pour l’auteur, de préciser la place de la psychanalyse et du psychanalyste dans des situations de réalité comme celle de la maladie grave.

 

La Bible et ses fantômes
Didier Dumas, Desclée de Brouwer, 2001, 190 p., 17 E.
Partant de la démonstration que le savoir actuel de la psychanalyse était déjà inscrit dans la Bible depuis plusieurs millénaires, le présent ouvrage propose une analyse nouvelle de la mythologie biblique, et plus précisément des onze premiers chapitres de la Genèse (de la Création de l’univers à la Tour de Babel, de la descendance d’Adam à celle de Noé). L’auteur démontre que la Bible est un livre qui fonde le patriarcat et la Genèse une thèse de théorie transgénérationnelle. Ainsi, l’on apprend que les fautes qui concernent la transmission paternelle, c’est-à-dire celles qui impliquent la parole ou le sexe, se transmettent sur trois ou quatre générations; que la conception de Caïn et Abel est une illustration de ce que Jacques Lacan a appelé la forclusion du Nom-du-père; que la condamnation de Caïn est une théorie du fantôme identique à celle de Nicolas Abraham.

 

Dialogue avec mon psychanalyste
Simone Korff Sausse, Hachette Littératures, 2001, 175 p., 13 E (85, 27 F).
Comment choisir son psychanalyste ? Qu’est-ce qu’une psychanalyse ? Combien ça coûte ? Pourquoi l’analyse est-elle si longue ? La psychanalyse guérit-elle ? Et a-t-elle un avenir ? Est-il vrai qu’il y a des analystes qui couchent avec leurs patientes ? Sous la forme d’un dialogue entre un psychanalyste et son ex-analysant, Simone Korff Sausse, psychanalyte et maître de conférences à Paris VII, n’hésite pas à aborder toutes ces questions, même les plus indiscrètes. Elle exprime, dans un langage clair, ce qui différencie la psychanalyse des différentes psychothérapies, et comment se termine une analyse.

 

 

 

Le positivisme est un culte des morts : Auguste Comte
Raquel Capurro, Epel, «Coll. Monographie Clinique», 2001, 160 p., 21 E (137, 75F).
Loin d’être cette apologie du savoir scientifique que l’on enseigne sur les bancs de l’école, le positivisme d’Auguste Comte apparaît ici comme une religion. D’après l’auteur, deux événements saillants marquèrent la vie du philosophe : sa rencontre avec la folie et la mort de Clotilde de Vaux, son grand et unique amour, qui ne dura qu’un an mais que sa doctrine devait rendre immortel. Il instaura un culte des morts. Tout son système bascula. Que reste-t-il du positivisme de Comte, dont on retrouve l’influence tant en Europe qu’en Amérique Latine (d’où nous vient ce livre) ? C’est l’un des mérites de cette monographie que d’ouvrir cette question.

 

 

La sauvagerie maternelle
Anne Dufourmantelle, Calmann-Lévy, 2001, 180 p., 110 F.
«La sauvagerie maternelle est un espace-temps pré-œdipien qui est la matrice de tout lien humain en tant qu’il est transcendé par ce lien même. Toute mère est sauvage et son enfant abandonné à cette part sauvage dès qu’il vient au monde. Toute mère est sauvage en tant qu’elle fait serment, inconsciemment, de garder toujours en elle son enfant», explique Anne Dufourmantelle. Et c’est ce serment que doit rompre l’enfant pour pouvoir aimer, pour accéder à sa vérité et son désir. Comment des individus qui furent exposés avec une violence extrême à cette sauvagerie s’en sortent-ils ? Que peut la psychanalyse ? En quoi la parole et l’écoute peuvent-elles ouvrir un nouvel espace de vie chez ces êtres au bord de l’engloutissement ? C’est ce à quoi l’auteur tente de répondre en s’appuyant sur des figures littéraires célèbres.

 

 

L’aventure littéraire ou la psychose inspirée
Colette Soler, Éditions du champ lacanien, 2001, 145 P., 18, 29 E (120 F).
En quoi la psychanalyse est-elle autorisée à parler d’une œuvre d’art, et plus particulièrement d’une œuvre littéraire ? N’est-ce pas plutôt la psychanalyse qui devrait se mettre à l’école de l’œuvre ou de l’artiste lui-même, comme le fit Lacan en inversant la perspective freudienne ? Tel est le propos du livre de Colette Soler, agrégée de philosophie et docteur en psychologie. Dans sa thèse sur la paranoïa d’autopunition, Jacques Lacan avait relevé les affinités entre la psychose et la création. Fernando Pessoa, Jean-Jacques Rousseau et James Joyce sont appelés, dans cet ouvrage, comme témoins d’un «pousse-à-la création».

 

 

Abîmes ordinaires
Catherine Millot, Gallimard, «Coll. L’Infini», 2001, 160 p., 110 F (12, 50 E).
Dans cet ouvrage, Catherine Millot, qui conjugue les genres biographique et critique, retrace ses expériences intimes de l’abîme et du vide et les interroge dans leur relation à sa double vocation d’écrivain et d’analyste. Épreuves étranges, extrêmes, que l’auteur appelle ici des abîmes ordinaires. En s’abandonnant aux délices de la vacance, du vide et du renoncement à soi, l’auteur semble accomplir la grâce d’une seconde naissance, ce qui n’implique pas nécessairement une référence à Dieu.

 

 

Le gène et son génie
Anna Feissel-Leibovici, Érès, «Coll. Actualité de la psychanalyse», 2001, 120 p., 15, 24 E (100 F).
Parmi les questions actuellement suscitées par le développement de la science, en quoi le champ de la génétique du cancer et celui de la psychanalyse peuvent-ils s’éclairer l’un l’autre ? Selon quelles modalités ? Comment consultant, médecin et psychanalyste, chacun depuis leur place, pensent-ils l’hérédité et le destin ? Face au réel de la molécule, exposé au discours de la science, le consultant aura-t-il, et à quelles conditions, la possibilité de rester le sujet d’un devenir qui ne vire pas au destin ? Autant de questions auxquelles tente de répondre ce livre, qui nous emmène sur les chemins parcourus par un médecin spécialisé en oncologie et une psychanalyste, Anna-Feissel-Leibovici, auteur de l’ouvrage.

 

 

Quartier Lacan (Témoignages sur Jacques Lacan)
Propos recueillis par Alain Didier-Weill, Émil Weiss et Florence Gravas, Denoël, «Coll. L’Espace analytique», 2001, 267 p., 21, 34 E (140 F).
Les entretiens qui composent cet ouvrage sont issus de plusieurs origines : interviews au magnétophone, enregistrements à l’occasion de la réalisation d’un film vidéo, réponses à des questions écrites. Pour la plupart, ils se sont déroulés entre la seconde partie de l’année 1993 et la première partie de l’année 1994. Lacan n’aimait guère rendre public ses pensées et même son travail, et il se confiait rarement au-delà du cercle de ses proches. Comment agissait-il et que disait-il en privé ? Pourquoi sa parole a-t-elle fait exception dans la pensée contemporaine, en France comme à l’étranger ? Comment commençait-on une analyse avec Lacan ? À ces question et à tant d’autres, les témoignages libres, souvent intimes, de treize psychanalystes d’origine très différentes, parfois membres de l’entourage immédiat de Jacques Lacan, apportent un éclairage nouveau sur un personnage d’exception qui, paradoxalement, reste encore à découvrir.

 

 

Le petit Isaac Récit parlé
Luc Godevais, L’Harmattan, préface de Joyce McDougall, «Coll. Études psychanalytiques», 2001, 255 p.
C’est une parole brute que nous livre l’auteur, psychanalyste, exactement comme celle qui vient du divan, avec des mots, quelquefois à la limite du supportable, sans interventions de la censure, retranscrits tels sur son ordinateur. À la fin de son analyse avec Joyce McDougall, Luc Godevais allait beaucoup mieux. Et voilà que dix ans plus tard, l’angoisse revient. Devant l’urgence du besoin de dire, il a préféré avoir recours à son magnétophone et, pendant cinq ans, il lui a parlé. «Je n’ai pas cherché à savoir du réel, du symbolique et de l’imaginaire», remarque l’auteur, «j’ai simplement essayé de comprendre la douleur, et à lui donner un sens.»

 

 

L’invention de l’hétérosexualité
Jonathan Ned Katz, Epel, traduit de l’américain par Michel Oliva et Catherine Thévenet, 2001, 240 p., 26 E (170, 55F).
«L’hétérosexualité n’a pas seulement été imposée, elle a été inventée, créée de toutes pièces, notamment par ces médecins du XIXe siècle qui avaient à justifier qu’on puisse faire l’amour sans intention de procréer», explique Jonathan Ned Katz. Il nous montre, en effet, qu’au départ, l’hétérosexualité était une perversion. À partir des textes pionniers de Sigmund Freud ou Richard Von Krafft-Ebing sur la sexualité, et ceux d’autres auteurs comme James Baldwin, Betty Friedan ou Michel Foucault, l’auteur retrace, dans cet ouvrage, l’histoire du concept d’hétérosexualité.

 

 

Quelle psychanalyse pour demain ? Voies ouvertes par Nicolas Abraham et Maria Torok
Nicolas Rand, Érès, «Coll. Transitions», 2001, 166 p., 22 E (141, 31 F).
Alors que la psychanalyse classique semble s’essouffler, l’œuvre de Nicolas Abraham (1919-1975) et de Maria Torok (1925-1998) a pu apparaître comme une voie d’inspiration. Elle offre une théorie globale de la psyché à partir de quelques principes maniables dans le seul but de libérer l’infinie variété des créations, des vécus et des drames humains. La psychanalyse rénovée qu’ils proposent dans cet ouvrage découle d’une série de modifications apportées au freudisme, mais elle reste ancrée dans la problématique de la sexualité infantile, l’inconscient, l’interprétation des rêves et l’importance du transfert dans la situation analytique.

 

 

Incroyance et paternités
Charles-Henry Pradelles De Latour, Epel, 2001, 235 p., 27, 44 E (180 F).
«La fonction paternelle n’est pas une constante universelle et isolée». Tel est le propos du présent ouvrage, dont le but est d’introduire les croyances religieuses et les croyances magiques dans l’étude comparative des systèmes de parenté, afin de montrer en quoi elles soutiennent les différents types de filiation et plus particulièrement leurs conceptions de la paternité. Cette approche fera ressortir du même coup la place prépondérante occupée par l’incroyance. L’auteur nous montre que, à la suite de Lévi-Strauss, mais selon des modalités différentes des siennes, il peut vérifier, sur la base de données ethnographiques, que dans l’ordre parental, l’alliance matrimoniale prime la filiation, et l’incroyance les croyances.

 

 

Freud au pays des Soviets
Martin Miller, traduit de l’anglais par Sylvette Gleize, Les Empêcheurs de penser en rond, 2001, 21, 34 E, 325 p., (140 F).
On connaissait peu de choses sur l’histoire de la psychanalyse en Russie et dans l’Urss de Lénine jusqu’à l’ouverture récente des archives. Or, dès 1917, un petit groupe de psychiatres russes crée un des premiers instituts de psychanalyse au monde et une revue théorique. Freud est traduit en russe et lu avec passion. Même pendant les premières année du stalinisme, un courant se maintient. Ce livre traite pour l’essentiel de la diffusion des idées de Sigmund Freud en Russie, d’une présence psychanalytique dans ce pays, ainsi que des conséquences qui en ont découlé pour lui.

 

 

Ça de Kant, cas de Sade Érotologie analytique III (Sur «Kant avec Sade» de Jacques Lacan)
Jean Allouch, Cahiers de l’Unebévue, 2001, 207 p., 18, 29 E (120 F).
Quarante après «Kant avec Sade, de Jacques Lacan, Jean Allouch lève le voile sur les malentendus dont cette œuvre n’a cessé de faire l’objet.

 

 

Nous ne sommes pas seuls au monde
Tobie Nathan, Les Empêcheurs de penser en rond, préface d’Isabelle Stengers, 2001, 250 p., 16, 77 E (110 F).
Nous ne sommes pas seuls au monde, il existe d’autres pensées que la nôtre. Le reconnaître pourrait bien constituer une obligation à penser, c’est-à-dire à résister. C’est ce à quoi Tobie Nathan nous invite à partir de son expérience avec les migrants. L’auteur propose une méthode : tous les patients doivent être pris en compte, écoutés et aidés comme des témoins et non comme des victimes, à partir de leurs forces et non de leurs faiblesses. L’ethnopsychiatrie devient ici une invitation à comprendre le monde.

 

 

La famille de l’adolescent, le retour des ancêtres
Alberto Eiguer, Éditions In Press, «Coll. Adolescence et Psychanalyse», 2001, 215 p., 18 E (118, 07 F).
On sait que l’adolescent, exposé à de profonds conflits internes, interroge, dérange sa famille. On a, en revanche, rarement souligné les questionnements, les doutes, la désorientation, les souffrances intimes que connaît la famille d’un adolescent. Pour faire évoluer les situations difficiles, cet ouvrage invite à un parcours sur les chemins de la clinique familiale à l’adolescence et à une réflexion sur le fonctionnement du groupe familial dans son ensemble.

 

 

L’ordre alphabétique
Juan José Millas, traduit de l’espagnol par Jacques Nassif, Éditions du Hasard, 2001, 19, 80 E (130F).
Juan José Millas est l’auteur de nombreux romans dont beaucoup sont traduits dans plusieurs langues. On peut citer ces mots qui résument et qui définissent assez précisément le projet de l’auteur : «…Jamais aucun lieu imaginaire n’avait atteint le degré de réalité de celui dans lequel les livres volaient. D’une certaine façon, celui-ci ressemblait à un voyage au centre de la réalité plutôt qu’à une fuite dans le territoire de la fiction.» La conception que Juan José Millas se fait de l’écrivain se situe en ce lieu, sur cette frontière où le réel devient invisible et la fiction tangible.

 

 

Minoritaire
Gérard Miller, Stock, 2001, 228 p., 98, 48 F (15 E).
«L’abus de pouvoir que je soupçonnais derrière tous les petits tas de feuilles noircies qu’on appelait des livres s’était cruellement confirmé;» raconte Gérard Miller, chroniqueur à Europe1. Minoritaire  est un essai autobiographique qui démarre à l’école primaire, passe par les Jeunesses communistes et la psychanalyse et se retrouve à la télévision. Le livre aurait pu s’appeler contestation, mode d’emploi.

 

 

Les révolutions de l’inconscient
Catherine Clément, EdLm, coll. «Les reflets du savoir», 2001, 264 p.,149 F, (22,71 E).
Peut-on avoir un inconscient si on n’a jamais entendu parler de Freud et qu’on vient d’un pays dit en voie de développement ? Telle est la question qui préside à l’enquête menée dans cet ouvrage. Catherine Clément nous propose un voyage inattendu à travers le temps et le monde pour découvrir les multiples facettes de ce qu’on appelle aujourd’hui l’inconscient.

 

 

Choisir la psychanalyse
Jean-Pierre Winter, EdLm, coll. «Il n’est jamais trop tard pour…», 2001, 204 p.,110 F (16, 77 E).
La psychanalyse fait presque partie du paysage de notre vie quotidienne et pourtant, elle fait encore peur à beaucoup de gens. C’est pour expliquer que faire une analyse est un moyen de se donner les chances d’aller mieux que Jean-Pierre Winter passe en revue tous les préjugés qui ont touché la psychanalyse, depuis sa naissance à nos jours, et revient sur les principes fondamentaux de la cure.

 

 

Jacques Lacan (Autres écrits).
Texte établi par Jacques-Alain Miller, Seuil, 2001, 544 p., 220 F.
Le lecteur trouvera, outre quelques textes fameux (Les Complexes familiaux, Télévision etc,…), des écrits de Jacques Lacan de 1938 à 1980.

 

 

Lacan-L’Index : Encore-Séminaire XX (1972, 1973)
Françoise Bétourné, L’Harmattan, 256 p., 150 F.
C’est un fourmillement de mots, d’équivoques, de concepts, de tournures de style, de phrases, à écouter comme à lire, qu’offre au lecteur cette indexation détaillée du Livre XX.

 

 

Lacaniana, 1. Les séminaires de Jacques Lacan (1953-1963).
Moustapha  Safouan, Fayard, 2001, 288 p., 130 F.
Ce livre est le premier des deux volumes consacrés au fameux séminaire que Jacques Lacan tint en public entre 1953 et 1979. Auteur de la traduction de la «Traumdentung» de Freud en arabe, Moustapha Safouan propose un guide subjectif à travers les dix premiers séminaires que Lacan délivra à l’hôpital Sainte-Anne entre 1953 et 1963.

 

 

Filiations (L’avenir du complexe d’Œdipe)
Wladimir Granoff, postface de Jean-Claude Lavie, Gallimard, coll.Tel», 2001, 60 p., 70 F.
Cette réédition s’appuie sur la notion centrale du freudisme, le complexe d’Œdipe. Wladimir Granoff tente de comprendre les enjeux complexes (et parfois tragiques) de la transmission : «Que veut le père, et que peut-il, que peut-il de ce qu’il veut ?»

 

 

Lacan, Ferenczi et Freud.
Wladimir Granoff, Gallimard, coll. «Connaissance de l’inconscient», 2001, 350p., 115 F.
L’ouvrage rassemble divers textes parus en revues et devenus souvent introuvables. L’inépuisable question de la filiation est toujours posée.

 

 

Jacques Lacan-Le séminaire Livre VIII (Le transfert)
Texte établi par Jacques-Alain Miller, Seuil, 2001, 480 p., 220 F.
Qu’est-ce que le transfert ? Lacan utilise ici, pour sa démonstration sur le transfert, un texte classique qui a enflammé la Renaissance et inspiré la théorie de l’amour en Occident. Il s’agit du Banquet de Platon, qui met en scène Socrate, préfiguration de l’analyste.

 

 

De Freud à Kafka
Philippe Réfabert, Calmann-Lévy, 2001, 200 p., 110 F.
Par une confrontation inédite des découvertes freudiennes avec les textes de Kafka, l’auteur montre que la lecture de Kafka éclaire Freud de manière décisive. Un ouvrage, d’une grande lisibilité, en forme de méditation et de récits de cas.

 

 

Lettres à Eva Rosenfeld
Anna Freud, Calmann Lévy, 2001, 260 p., 140 F.
À partir de 1925, Anna Freud écrit régulièrement à son amie Eva Rosenfeld. En général très secrète, Anna lui ouvre son cœur, lui confie ses états d’âme. À ce titre, ce texte est un étonnant témoignage sur la vie quotidienne du petit groupe qui vit dans l’entourage de Freud.

 

 

L’angoisse et la création
Céline Masson, L’Harmattan, Coll. «L’œuvre et la pysché», 2001, 282 p., 150 F.
La création, au sens de ce que l’auteur nomme le faire œuvre, est une pratique venant éponger en urgence le trop d’angoisse pour un plus-de-jouir contre ce touche-la-mort qu’est l’angoisse.

 

 

Écritures de l’inconscient (De la lettre à la topologie)
Jean-Pierre Dreyfuss, Jean-Marie Jadin, Marcel Ritter, 2001, Éres, 340 p., 140 F.
Lacan, à la suite de Freud, a clairement énoncé que l’inconscient est ce qui se lit au-delà de ce qui se dit, indiquant par là qu’il est procès d’écriture.

 

 

Cinq propos singuliers sur la psychanalyse
Giovanni Sias, traduit de l’italien par Patrick Faugeras, Éres, 2001, 180 p.
En cinq conversations, hommage rendu aux Cinq conférences que Freud prononça lors de son unique voyage aux États-Unis. Giovanni Sias, qui se réclame du Lacan des écrits, cherche à retrouver le vif de la psychanalyse.

 

 

La passion du sujet freudien (Entre pulsionnalité et signifiance).
Bernard Penot, Éres, Coll. Actualité de la psychanalyse, 2001, 160 p., 120 F.
À travers une relecture non seulement de Freud mais aussi de Lacan, cet ouvrage vise à une meilleure compréhension des pathologies limites de la subjectivation, particulièrement à l’adolescence.

 

 

La psychanalyse avec Nicolas Abraham et Maria Torok.
Sous la direction de Jean-Claude Rouchy, Éres, Coll. Transitions, 2001, 220 p., 150 F.
Les auteurs présentent la pensée de Nicolas Abraham et Maria Torok dans son ouverture créatrice et dans ce qu’elle réserve encore d’inattendu aujourd’hui.

 

 

Dora s’en va (Violence dans la psychanalyse).
Patrick Mahony, traduit de l’anglais par Aline Weill, Les Empêcheurs de penser en rond, 2001, 220 p., 95 F.
À partir du cas de la patiente immortalisée par Freud sous le nom de Dora, l’auteur se livre à une analyse textuelle très fouillée des écrits de Freud. Il tente de montrer que le style même des textes de Freud trahit ses difficultés transférentielles.

 

 

Malaise dans la subjectivation (Prolongements théorico-cliniques).
Sous la direction de Jean-Pierre Lebrun, Éres, Coll. Point hors ligne, 2001, 350 p., 170 F.
Des psychanalystes apportent leur contribution et témoignent de leur difficulté à faire face aux conséquences du déclin de la fonction du père dans le social.

 

 

Une maïeutiquedu sujet pensant (ou l’art, l’adolescent et son thérapeute).
Renée-Laetitia Richaud, Préface de Raymond Cahn, L’Harmattan, Coll. Sexualité humaine, 2001, 300 p., 160 F.
Art, pédagogie, psychanalyse et crise d’adolescence tissent, dans cet ouvrage, des liens inhabituels pour permettre un travail maïeutique.

 

 

Des interprétations du rêve.
Sous la direction de Hervé Mesot et Pierre Fédida, Puf, Coll. Psychopathologie, 256 p., 2001, 139 F.
Cent ans après la publication par Freud de L’interprétation du rêve, ce volume, conçu comme un ouvrage de confrontation, interroge selon différents angles de vue le paradigme freudien du rêve et de l’interprétation.  

 

 

Psychanalyse et Éxégèse
Eugen Drewermann, traduit de l’allemand par Jean-Pierre Bagot, Seuil, 2001, 688 p., 185 F.
Grâce à la psychanalyse de Freud et à la psychologie des profondeurs de Jung, Eugène Drewermann retrouve, dans les textes bibliques, les puissances universelles de l’âme humaine. Un travail original sur la Bible.

 

 

Rien n’est plus secret qu’une existence féminine
Jacques Lebrun, Éres, 2001, 80 p., 40 F.
Jean-Pierre Lebrun a imaginé d’écrire la réponse féminine à l’Alexis de Marguerite Yourcenar, quittant sa femme sous le prétexte de son homosexualité.

 

 

Pourquoi les hommes ont peur des femmes ? (Essai sur le féminin érotico-maternel).
Jean Cournut, Puf, Coll. Le Fil rouge, 2001, 304 p., 155 F.
Repérant différences, bisexualités,identifications inconscientes, ce livre parcourt, dans la métapsychologie et la littérature, une «psychanalyse» de la vie amoureuse.

 

 

Les vilains petits canards.
Boris Cyrulnik, Odile Jacob, 2001, 240 p., 130 F.
Boris Cyrulnik nous explique comment et grâce à quelles facultés acquises dans l’enfance, avant ou après un événement traumatisant, un enfant peut surmonter les épreuves parfois terribles qu’il traverse.

 

 

Actualité de l’hystérie (monographie de clinique psychanalytique).
Sous la direction d’André Michels, Éres, Coll. Le Bachelier, 2001, 400 p., 180 F.
Cette monographie se propose de faire le point sur la question de l’hystérie, en faisant appel à des spécialistes reconnus en France, aux États-Unis et en Amérique latine.

 

 

La jouissance et la domination, des perversions sexuelles aux perversions morales.
Alberto Eiguer, Odile Jacob, 2001, 256 p., 140 F.
La perversion n’est pas que sexuelle. C’est aussi un mécanisme d’emprise relationnelle par lequel le pervers impose sa loi à l’autre, en le niant. Alors, que cherche le pervers ? Le plaisir ou le pouvoir ?

 

 

Quand la voix prend corps (Entre la scène et le divan).
Textes réunis par François Meyer, L’harmattan, Coll. Études Psychanalytiques, 2001, 152 p., 80 F.
L’inconscient a-t-il une voix ? Quel est le rôle de la voix dans la cure analytique ? Quel lien existe-t-il entre voix et jouissance ? Qu’en est-il du grave et de l’aigu ? La voix est-elle volupté ? Autant de questions auxquelles l’ouvrage tente de répondre.

 

 

Pulsions et liens d’emprise.
Alain Ferrant, Dunod, 2001, 240 p., 160 F.
Un panaroma théorique et clinique complet d’un concept qui associe les idées de domination, d’influence et de mainmise.

 

 

Alexandrie et autres récits de Jacques Hassoun.
L’Harmattan, 290 p., 2001, 150 F.
Bouillonnant archiviste de la longue présence des Juifs en Égypte, Jacques Hassoun a réussi à nous la restituer dans sa complexité depuis les premiers temps jusqu’au point final. Un hommage à la mémoire de Jacques Hassoun.

 

Cliquez ici

 

 

Haut