
L'Invitée : mardi 10 mars 2009
Claude MAILLARD pour son livre "La Grande Révolte"
Le tragique de la technique
Frénésie Editions
Présentation Delia Kohen
![]() Claude Maillard |
Je remercie sincèrement Claude Maillard d'avoir accepté cette invitation. Je l'entends comme un véritable témoignage d'amitié de travail de sa part. Se risquer et s'offrir à un face à face dans l'ordinaire de nos conversations au Salon témoigne de la confiance qu'elle nous fait. |
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![]() Henry Fontana |
Claude Maillard déconstruit le livre, la lecture et l'écriture. Elle a son style et sa méthode. Elle bouscule les codes habituels. Chez elle, le "corps du texte" est inséparable du "corps du livre". Ce qui lui a valu cette année d'avoir été sélectionnée avec ce livre parmi les quelques plus beaux livres pour son graphisme, sa mise en page. Delia Kohen |
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![]() Delia Kohen |
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![]() Delia Kohen, Jean-Luc Chamroux et Claude Maillard |
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Réponse : Annie Lachaise – annie.lachaise@orange.fr
11-03-2009
"Quelques pensées matutinales...sans les ondes"
Chère Claude,
Je me suis enfin décidée à chercher des enveloppes (ce que j'aurais dû faire depuis novembre) pour poster ce que je ne peux t'adresser par courriel.
Ce fus hier pour moi une des plus belles soirées chez Delia. Outre ta trempe d'écrivain qui écrit pour dire quelque chose (très rare de nos jours), tu as un art de la prise de parole qui enchante. On en redemande malgré l'heure avancée, en haleine, sans fatigue aucune parce qu'on est sous l'emprise d'un dire très fort, qui s'impose puisqu'il semble aller de soi et sonne juste dans ces temps particuliers mais constitutifs, hélas, de notre quotidien. Il n'y a pas à être d'accord ou non avec "ça" : c'est un constat, que l'on se pense "adapté" ou non. L'insertion d'anecdotes à ce sujet (l’adaptation), n'a pas été une simple illustration de ta part; tout venait de la communication que tu as su établir avec le salon et encore une fois tu as révélé un charisme, sinon un talent d'aède, dans cette représentation tellement vivante de l'insecte qu'elle en était magique, si on peut employer un tel terme pour dénoncer un phénomène de société plus que navrant. Mais comme un de nos hommes de théâtre très célèbre, rallions-nous au fait d'en rire plutôt que d'en pleurer...
Que n'y a-t-il davantage aujourd'hui de tels cris talentueux, pour un réveil du monde sans rien de prophétique mais, bien au contraire, au service de l'être humain, mettant en alerte cette humanité qui s'effiloche et devient de plus en plus évanescente en tant que telle. Quant à l'humanisme, voilà que certaines personnes encore éveillées comme toi peuvent se demander s'il n'est pas dorénavant qu'illusion! Hommes-insectes, robots-pensants toujours sensuels mais aux sentiments émoussés, sensibles et encore touchés dans leurs propres affects mais insensibles aux autres, c'est, en effet, la tendance vers l'incommunicabilité que nous proposent les médias, repliant l'individu sur sa machine électronico-informatique. Mais si ce danger pourtant patent reste encore sournois, il en est un autre dont tu parles en connaissance de cause étant médecin : l'augmentation exponentielle des cancers, conséquence logique et pathologique du sujet mis en accusation, LE TRAGIQUE DE LA TECHNIQUE. Il y a, en effet, matière à être dans une GRANDE REVOLTE, à te suivre et à t'accompagner dans cette mise à nu du fonctionnement de l'homme nouveau, lucide ou "adapté" mais potentiellement en souffrance.
Par l'authenticité de ta présentation, certainement très travaillée mais d'une recherche la rendant encore plus naturelle, tu m'as permis de joindre quelques maillons de la chaîne ouverte par le libraire complaisant et pédagogue qui m'avait guidée dans un parcours rapide, autorisant quelques lectures, notamment de leitmotive : un Cioran poétique et maîtrisant la clinique, en quelque sorte.
En tant que littéraire, j'apprécie la démarche de déconstruction d'un objet que je vénère mais qui a besoin de faire électrochoc pour perdurer; le livre a de bons moments devant lui grâce à des personnes innovantes qui se donnent la peine de prouver qu'il existe aussi en tant qu'objet à manipuler et à vénérer et pas seulement comme transcripteur de textes et d'images.
Chère Claude, je ne saurais trop te remercier de ce bon moment et t'encourager à poursuivre ta "deuxième" édition de l'ouvrage, même s'il t'en coûte. À l'occasion d'une rencontre avec les beaux jours ... et des cerises peut-être!