Notons la parution de ce livre dédié à la Passe, et ainsi aux psychanalystes surtout : il est le résultat de trois années de rencontres et réflexions, (entre les trois auteurs, mais pas seulement) organisées à partir du rejet de la Passe, telle que les institutions l’organisent, dans leurs différences.
Mais ici, pas de textes collectifs, mais chacun s’est exprimé en son nom, à partir de l’expérience, de ces rencontres. La passe est une illusion politique de Lacan, explique Bernard Brémond, une inféodation au Maître pour Dolorès, un idéal mortifère pour moi-même. Enfin en résumant beaucoup, parce qu’il ne s’agit pas de réfuter ce moment de la passe subjectif, mais d’en permettre toute l’ouverture.
En le relisant, après bien dix mois entre la dernière écriture sur papier libre, et ma prose au format « livre cartonné », je le trouve énergique et joyeux. Au-delà de la critique, le livre est incisif, à souhait, rapide : les trois voix se mêlent et font comme un contrepoint musical qui se laisse lire et ouvre à un espace de liberté qui j’espère profitera à notre savoir si attaqué aujourd’hui.

Jeanne Lafont, psychanalyste, psychothérapeute. Mes livres : Chez Point hors ligne, Topologie ordinaire de Jacques Lacan, 1986; Topologie lacanienne et clinique analytique, 1990. Les pratiques sociales en dette de la psychanalyse, 1994. Chez EFEdition. Les dessins des enfants qui commencent à parler, 2001; Six pratiques sociales, (livre collectif), 2006; La langue comme espace, 2015.
